L’après-iPhone : Comment OpenAI et Jony Ive veulent supprimer l’écran de nos vies

Une alliance historique pour briser le règne de l’écran

C’est l’ironie ultime de l’histoire technologique : l’homme qui a dessiné l’iPhone, l’objet qui a enchaîné nos regards aux écrans pendant deux décennies, veut désormais nous en libérer. Jony Ive, l’ancien gourou du design d’Apple, s’est associé à Sam Altman pour concevoir le futur de l’OpenAI hardware Jony Ive. Ce projet ne vise pas à créer un énième smartphone, mais à inaugurer l’ère de l’informatique ambiante, où l’intelligence artificielle devient un compagnon invisible, libéré de la tyrannie du pixel.

Le pari industriel à 6,5 milliards de dollars

Le socle de cette ambition repose sur une transaction massive. OpenAI a finalisé le rachat de io, la startup ultra-secrète de Jony Ive, pour la somme vertigineuse de 6,5 milliards de dollars. Ce mouvement stratégique permet à Sam Altman d’intégrer une équipe d’élite composée d’anciens vétérans d’Apple, dont Evans Hankey et Tang Tan. Pour la production, OpenAI joue la carte de la souveraineté et de la résilience géopolitique : c’est Foxconn qui a été mandaté pour assembler ces nouveaux dispositifs, avec des lignes de production délocalisées hors de Chine, principalement au Vietnam et aux États-Unis.

La technologie : Vers une conversation sans latence

Le cœur de cette révolution n’est pas plastique, il est algorithmique. OpenAI prépare pour le premier trimestre 2026 un nouveau modèle audio révolutionnaire. Contrairement aux assistants actuels qui imposent un rythme saccadé (écouter, traiter, répondre), ce modèle permettra des interactions bidirectionnelles fluides.

Le défi du « Barge-in »

  • Zéro latence : Un temps de réponse perçu inférieur à 200ms pour imiter la réactivité humaine.
  • Gestion des interruptions : La capacité de l’IA à gérer le « barge-in », c’est-à-dire être interrompue en plein milieu d’une phrase sans perdre le fil du contexte.
  • Naturel émotionnel : Une prosodie capable de varier selon l’urgence ou l’intimité de la conversation.

Des objets physiques pour un monde invisible

Loin des casques VR encombrants, les prototypes fuités sous le nom de code « Gumdrop » révèlent une approche minimaliste. Le produit phare prendrait la forme d’un stylo intelligent capable de transcrire instantanément l’écriture manuscrite vers ChatGPT via une caméra et un micro intégrés. Un second dispositif, de la taille d’un iPod Shuffle, se porterait comme un bijou ou se glisserait dans une poche, servant de relais audio permanent avec l’IA. L’objectif est clair : l’appareil doit être « si simple et beau qu’on aurait envie de le croquer », selon les mots de Jony Ive.

L’enjeu sociétal : Le retour au calme

Sam Altman est particulièrement critique envers l’économie de l’attention actuelle. Il compare l’usage d’un smartphone moderne à une marche forcée dans Times Square, entre agressions visuelles et notifications incessantes. Sa vision pour ce nouveau hardware est celle d’une « cabine au bord d’un lac » : un outil calme, humain, qui ne sollicite l’utilisateur que lorsque c’est strictement nécessaire. C’est le passage d’une technologie que l’on consulte à une technologie qui nous accompagne.

Les défis : Vie privée et limites de la voix

Pourtant, le chemin vers cette utopie est semé d’embûches. Les experts s’interrogent sur l’acceptabilité sociale d’un micro « toujours à l’écoute ». Comment OpenAI garantira-t-il que notre intimité n’est pas aspirée pour entraîner les futurs modèles ? De plus, l’interface 100 % vocale montre vite ses limites pour des tâches complexes comme la modification d’un tableur ou le montage vidéo. Le projet de l’OpenAI hardware Jony Ive devra prouver qu’il peut être plus qu’un gadget de luxe pour technophiles en quête de déconnexion, mais bien le premier pas vers une informatique enfin redevenue silencieuse.

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